Apache veut rassembler l’écosystème OpenOffice.org

Jim Jagielski - Président de la Fondation ApacheDepuis ses premiers propos sur le transfert par Oracle de OpenOffice.org, Jim Jagielski a souhaité réagir à certains commentaires. Jusqu’à présent, nous avons permis à d’autres de contrôler et déformer le message avec un « nous contre eux ». C’est par ces mots que Jagielski, l’un des membres fondateurs d’Apache, entend publier une lettre ouverte à destination de « l’ensemble de l’Écosystème OOo ».

S’exprimant sur la liste des développeurs, il veut d’abord rassembler les acteurs de cet écosystème : entreprises comme individus. Il reconnait également qu’il y a désormais « deux grands acteurs » autour du format ODF avec les Fondations Apache (ASF) et Document (TDF). Comme beaucoup d’entre nous (et moi le premier), il ne comprend pas les déchirements autour de la licence. « Que les utilisateurs aient à choisir entre l’une ou l’autre » et que « les différentes versions s’affrontent au lieu de se féliciter ».

Cette lettre sera t-elle le début de la réconciliation ? Reconnaitre TDF serait déjà un grand pas. Car Oracle avait jusqu’alors totalement ignoré ce qu’il considérait comme une fourche du projet.

Il serait temps qu’Apache communique réellement sur ses intentions. Avant que l’écosystème soit en péril.

6 commentaires sur “Apache veut rassembler l’écosystème OpenOffice.org”

  1. Olivier R. dit :

    > Comme beaucoup d’entre nous (et moi le premier), il ne comprend pas les déchirements autour de la licence.

    C’est pourtant un point important. La licence Apache permet de prendre le code et l’améliorer sans avoir à reverser lesdites améliorations au projet, tandis que les licences “copyleft” utilisées par TDF exigent le reversement du code avec le produit. La licence Apache a donc la préférence des entreprises qui peuvent prendre et ne rien rendre en retour, ce que ne permet pas les licences “copyleft”.
    Ce n’est pas du tout anodin.

  2. TOOop Chef dit :

    En fait, « copyleft » n’a pas d’exigence de reversement de code. L’auteur autorise uniquement l’évolution mais avec les mêmes conditions de licence. Toute amélioration ou modification de code « copyleft » hérite donc de cette caractéristique. Ce n’est effectivement pas le cas avec la licence Apache qui est plus permissive (pas d’héritage).
    Personnellement, je ne vois pas d’intérêt à avoir des améliorations ou des fonctionnalités spécifiques à un environnement. Par exemple, Novell propose LibreOffice interfacée avec sa messagerie GroupWise.
    C’est un point de vue qui se discute. J’y reviendrai peut être dans un prochain billet.

  3. Sébastien C. dit :

    > Reconnaître TDF serait déjà un grand pas.
    > Car Oracle avait jusqu’alors totalement ignoré ce qu’il considérait comme une fourche du projet.
    > Il serait temps qu’Apache communique réellement sur ses intentions.
    > Avant que l’écosystème soit en péril.

    Quatre petites phrases plutôt inattendues de votre part Cyril… On apprécie de vous voir noter avec nous que si Apache fait la preuve indéniable de plus d’intelligence que son prédécesseur (ce qui n’est pas un exploit en soi), il n’en reste pas moins un mastodonte — indéniablement puissant — mais qui possède le gros défaut de n’avoir ni souplesse, ni rapidité dans ses mouvements.

    Contradictoire pour une plume d’indien ; non ?

    Pendant ce temps, comptez les distributions GNU-Linux qui se détournent d’OOo au bénéfice de LibO, et là, à moins d’être aussi stupide que la Pythie, c’est quand même politiquement incontournable pour l’Indien…

    Donc bien sûr, ces guerres fratricides sont dommageables pour tout le monde ; mais on finit par noter que TDF se passe plus d’Apache que la réciproque, ce qui ne relève quand même pas du moindre des paradoxes vu les moyens de l’un au pesé de l’autre. L’arrogance d’Oracle devra être lavée par son successeur ; pas par TDF qui a d’autres chats à fouetter. Il ne s’agit pas de « vengeance » ; simplement, comme vous le dites très bien, de « reconnaissance » qui est la base de toute relation « normale ».

    Et c’est d’autant plus urgent que TDF gagne en pouvoir sur le format comme sur le logiciel phare qui l’utilise ; même si celle-ci ne me semble pas avoir la moindre tonalité totalitaire, on ne gagne jamais à mettre le pouvoir dans une seule main.

  4. Olivier R. dit :

    > En fait, « copyleft » n’a pas d’exigence de reversement de code.

    Si tu modifies un programme sous MPL ou LGPL et que tu veux distribuer ce logiciel, tu as l’obligation de fournir les sources nouvelles ou la différence avec le code original. La licence Apache n’impose rien de tel.
    (J’ignore si c’est vrai pour toutes les licences dites “copyleft”.)

    J’ai un peu l’impression, si je ne m’abuse, que nous disons la même chose avec des mots différents, non ?

  5. TOOop Chef dit :

    Je pense aussi qu’on leur fait dire ce que l’on veut aux mots :-)

    TDF a oublié ses propres paroles en juin au moment du transfert : « un des côtés positifs du bénéfice de cet arrangement est la possibilité de pérennité de la mise sous licence. La licence Apache est compatible avec les LGPLv3 + et les licences MPL, permettant à TDF une souplesse dans le déplacement de tout le code source à l’avenir ».

  6. TOOop Chef dit :

    >comptez les distributions GNU-Linux qui se détournent d’OOo au bénéfice de LibO
    En fait, les distributions *N*X fournissaient déjà une version modifiée et issue de la fourche Go-OO. Il n’y a eu donc aucun détournement, juste une continuité.

    Quant au niveau de reconnaissance de l’un ou de l’autre, ce sera aux utilisateurs de trancher.