Michael Meeks, apôtre du Libre… Office

Michael Meeks est un des développeurs dissidents à avoir rejoint LibreOffice à sa création en 2010. Britanique, il est célèbre au point d’avoir sa page dans l’édition anglaise de Wikipédia et publie depuis 1999, un blogue où il raconte plus sa vie de famille que ses travaux professionnels. Chrétien convaincu, il aime aussi citer la Bible et se veut ainsi être l’apôtre de la licence dite de « copyleft ». Il s’oppose ainsi à toute main-mise de copyright sur un logiciel libre par une entreprise privée surtout si elle s’appelle Oracle.

Meeks a toujours travaillé sur des projets à code ouvert : Ximian, Gnome, OpenOffice puis LibreOffice. Mais ce n’est pas avec la fourche du projet LibreOffice qu’il s’est le mieux illustré. Déjà du temps d’OpenOffice.org et de son ancien propriétaire Sun, il s’était opposé au contrat de cession des droits sur le code.

Est-ce parce que Meeks est employé par Novell, un concurrent farouche de Sun ? Novell était peut-être jaloux de la réussite de Sun dans la bureautique. Car il y a échoué 15 ans plus tôt après le rachat de WordPerfect. La firme de Cupertino voulait à l’époque concurrencer Microsoft.

En 2001, Sun libère le code de StarOffice et Meeks participe alors au projet OpenOffice.org. Dès le départ, il s’énerve de la prédominance de Java et de la licence idiote non [L]GPL. Puis très vite, d’autres difficultés arrivent. En 2002, Meeks crée son propre espace de développement (CVS) pour y placer ses propres rustines car comme d’autres développeurs, il se plaint que le code n’est pas intégré assez vite. Bref, une première fourche du projet s’opère en 2007 avec la création de Go-OO. Cette version sera reprise par l’ensemble des distributions Linux avec en tête celle de Novell : Suse (acheté en 2003). C’est ici que Meeks commence sa croisade lorsque Sun refuse la licence LGPL pour OpenOffice.org. Il milite alors pour que chaque développeur conserve ses droits sur le code qu’il publie. Il convaincra ainsi Kohei Yoshida de ne pas verser son module de solveur dans le tableur. Hasard des choses, Yoshida rejoindra Novell par la suite.

Et même si en 2008, Sun passe OpenOffice.org en LGPL 3, Novell ne fusionnera pas pour autant Go-OO. Meeks arguera que cette licence ne s’applique pas à la totalité du code (notamment les modules externes comme le connecteur MySQL). Pour lui, cette modification ne reste favorable qu’à Sun. Il faut rappeler le contexte de cette époque, Novell – Suse renouvèle son partenariat avec Microsoft rendant méfiant la Communauté du libre. On parle alors d’une concurrence entre le couple Mono/.NET et Java.

Aujourd’hui, Michael évolue chez Suse (filiale de Novell) et est membre du Conseil d’administration au sein de la Fondation Document. Il travaille sur LibreOffice à une version web. Avec le transfert par Oracle en juin 2011 de OpenOffice.org à la Fondation Apache, rien n’a changé. Il demeure toujours un farouche opposant à la licence trop permissive de son nouveau propriétaire. Et il qualifie « d’odieux l’abandon de la LGPL » notamment pour son propre code dont il affirme « [qu'il] n’a pas besoin d’être assaini ». Sa volonté est de continuer avec LibreOffice quitte à ce que le code source devienne incompatible avec son grand frère OpenOffice.

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