LibreOffice analyse OpenOffice.org

Italo Vignoli, l’un des membres de la Fondation Document, publie depuis son blogue, une première analyse du transfert du projet OpenOffice.org à la Fondation Apache. Depuis l’annonce en juin dernier, il note que rien n’a été produit et que l’opération n’a soulevé qu’un certain nombre de préoccupations dans les médias et qui a été partagé par beaucoup de membres de la communauté OOo.

Il rappelle que tous ces reproches auraient dû être dirigés vers Oracle qui est à l’origine des problèmes. D’abord, avec la scission qui a conduit à la naissance de la Fondation Document. Puis, l’arrêt de l’ensemble du projet via un simple communiqué de presse. Des dégâts humains avec le licenciement d’environ 120 personnes et finalement la décision unilatérale de choisir la Fondation Apache. Ce dernier point a encore généré une seconde vague de sentiments désagréables à l’intérieur de la Communauté.

Maintenant, Vignoli souligne que IBM, devenu le principal soutien du projet, se retrouve dans une situation assez inconfortable. Car beaucoup pensent que l’entreprise aurait joué un rôle dans le transfert à Apache alors que le seul à être blâmé au final, c’est Oracle.

Rob Weir, le responsable du projet côté Apache (et employé aussi chez IBM) travaille dur pour assurer la cohérence de ce qui reste de la communauté OOo et pousser en avant un AOOO (Apache OpenOffice.org). Vignoli pense qu’il est désormais important que IBM s’engage avec la communauté afin de contribuer au code. Un échec du futur AOOO irait à l’encontre des intérêts des standards ouverts, du logiciel libre, du choix et finalement de LibreOffice, affirme t-il.

En regardant la liste des participants chez Apache, Vignoli note que le nombre de « vrais » développeurs est mince et le nombre de ces développeurs qui ont une compréhension décente du code de Ooo est encore plus petit. Il souligne aussi que la majorité de ces développeurs, que ce soit les anciens de Sun, ceux d’IBM (Lotus Symphony) et les chinois du projet RedOffice n’ont pas été très actifs jusqu’ici. Il oublie cependant que la situation est identique côté LibreOffice.

Aujourd’hui, Vignoli pense que IBM a l’occasion d’embaucher plusieurs anciens employés d’Oracle en recherche d’emploi afin de travailler à temps plein sur AOOO. Qu’il faut accélérer le processus de sortie d’une première version basée sur la bêta 3.4. Car le projet a besoin de se débarrasser des bogues qui affectent le code et de remplacer les composants sous licence GPL ou LGPL et qui est incompatible avec la licence Apache.

En conclusion, la Fondation Document souffle le chaud et le froid et beaucoup de bruits circulent sur un soi-disant marasme côté Apache. Mais qui a vraiment peur ? Si le projet AOOO décolle, LibreOffice n’aura d’autre choix que de se fondre dedans. Depuis la fourche, beaucoup de personnalités dissidentes jouent un rôle important avec LibreOffice. Ils risqueraient alors de se voir reléguer à un second plan s’ils devaient rejoindre Apache. D’autres acteurs majeurs comme le Brésil poussent d’ailleurs à ce rapprochement.

Certes, il y a peu d’activité côté développement mais nous étions dans la période estivale. Les développeurs ont droit aussi à des vacances. L’activité s’est d’ailleurs essentiellement concentrée sur la migration de l’infrastructure. Les récents propos de Don Haribson montrent enfin que IBM est motivé.

Bref, tout cela doit se mettre en place et il est un peu tôt pour se prononcer sur le devenir de la première suite bureautique libre. Et comme Italo Vignoli, je ne suis pas un développeur. J’exprime donc mon opinion de simple utilisateur. Un utilisateur qui sait être patient. N’oublions pas que Microsoft Office sort une nouvelle version tous les 3 ans.

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