Quand le piratage sert à museler les libertés

La lutte contre le piratage engagée depuis le début 2010 par Microsoft a pris un nouveau tournant largement plus politique. Après la Chine, voici que l’éditeur s’attaque au marché Russe. Cependant, il ne s’agit plus ici de traquer des entreprises ou même des utilisateurs. Il s’agit cette fois d’organisations ayant pour but de faire respecter les droits de l’homme dans un pays largement déficitaire à ce niveau là.

Deux cas sont particulièrement évocateurs. D’abord l’ONG Ethnics, qui lutte contre le racisme, a été traînée en justice pour piratage pour finalement être blanchie, faute de preuves. Puis une association pour l’environnement, Baikal Environmental Wave, qui a vu tout son matériel saisi et son site Internet fermé pour le même chef d’accusation.

Derrière tout cela, l’utilisation frauduleuse de produits Microsoft qui servirait de prétexte à la police russe pour harceler les opposants au régime et saisir ainsi leur matériel informatique.

Microsoft, par le biais de son conseiller juridique Brad Smith, précise que tout cela a toujours eu pour but « de réduire le piratage et la contrefaçon des logiciels ». Il ajoute que « rien de tout cela ne devrait servir de prétexte pour poursuivre en justice des ONG ou des journaux. Et nous ne voulons certainement pas participer à cela même par inadvertance ».

Face à cette mauvaise presse, Microsoft a annoncé que les ONG bénéficieraient désormais d’une nouvelle licence gratuite de ses logiciels. Une gratuité qui s’appliquerait jusqu’en 2012. On est généreux mais pas trop.

Ces organismes ont donc un peu plus de deux ans pour passer à OpenOffice.org et ainsi se conformer avec la loi. La liberté n’a pas de prix.

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